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Déclaration des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales du G7

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Nous, les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales du G7, sommes réunis à Marrakech, accompagnés par les dirigeants du Fonds monétaire international (FMI), du Groupe de la Banque mondiale, de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et du Conseil de stabilité financière (CSF). Le ministre des Finances de l’Ukraine, Sergii Marchenko, s’est joint à nous et nous en étions honorés.

1. Nous exprimons nos plus sincères condoléances aux victimes et à leurs familles touchées par les tremblements de terre au Maroc et en Afghanistan ainsi que par les inondations en Libye. Nous sommes déterminés à offrir toute aide nécessaire. Nous espérons que les fructueuses assemblées annuelles de la Banque mondiale et du FMI, à Marrakech, accéléreront la forte reprise du Maroc après la catastrophe. Nous condamnons sans équivoque les récentes attaques terroristes du Hamas contre l’État d’Israël et exprimons notre solidarité avec le peuple israélien.

2. Nous réitérons notre soutien inébranlable à l’Ukraine et condamnons de façon unanime la guerre d’agression illégale, injustifiable et non provoquée de la Russie contre l’Ukraine. La guerre de la Russie a causé des pertes de vie tragiques et la destruction de biens et d’infrastructures, a intensifié l’insécurité alimentaire mondiale et a exacerbé les défis économiques mondiaux. Nous demeurons déterminés à favoriser la coopération internationale afin de remédier aux difficultés causées par la guerre de la Russie contre l’Ukraine et sa militarisation des produits alimentaires et de l’énergie. Dans ce contexte, nous exhortons la Russie à mettre fin à ses attaques contre les approvisionnements en céréales et les infrastructures de l’Ukraine et à rétablir rapidement l’Initiative céréalière de la mer Noire pour améliorer l’approvisionnement sur le marché mondial et réduire la volatilité des prix alimentaires. Nous demandons à la Russie de cesser immédiatement sa guerre illégale contre l’Ukraine, ce qui éliminerait l’une des plus grandes incertitudes des perspectives économiques mondiales.

3. Nous poursuivrons nos efforts pour que la Russie contribue à la reconstruction à long terme de l’Ukraine. Nous explorerons également toutes les mesures possibles pour soutenir l’Ukraine, conformément à nos systèmes juridiques respectifs et au droit international. Nous saluons les premiers efforts du Groupe de travail sur les élites, les mandataires et les oligarques russes (REPO) pour rendre compte des actifs souverains russes immobilisés et détenus dans les pays membres du groupe de travail, qui sont estimés à ce stade à environ 280 milliards de dollars américains, et nous attendons de ce groupe de travail qu’il renforce ces premiers efforts au cours des prochains mois. Nous rappelons et réaffirmons la déclaration de nos dirigeants selon laquelle, conformément à nos systèmes juridiques respectifs, les actifs souverains russes dans nos pays resteront immobilisés jusqu’à ce que la Russie répare les dommages qu’elle a causés à l’Ukraine. Nous réitérons notre volonté inébranlable d’imposer et d’appliquer des sanctions et d’autres mesures économiques pour compromettre encore plus la capacité de la Russie à mener sa guerre d’agression illégale, injustifiable et non provoquée. Nous demeurons déterminés à contrecarrer toute tentative d’éluder et de miner nos mesures de sanction. Nous continuerons de renforcer la coordination de la surveillance des opérations transfrontalières entre la Russie et d’autres pays, de prendre d’autres mesures contre le secteur financier russe, de surveiller étroitement l’efficacité des prix plafonds fixés pour le pétrole brut et les produits pétroliers d’origine russe afin de faire en sorte que les mesures atteignent leurs objectifs, et de prendre les mesures d’exécution nécessaires et appropriées requises.

4. Nous réaffirmons notre soutien inébranlable à l’Ukraine aussi longtemps qu’il le faudra. Nous demeurons fermement résolus à soutenir les besoins de financement urgents à court terme de l’Ukraine et aider ses pays voisins et les autres pays durement touchés. En nous appuyant sur la réussite de la première revue du programme du FMI pour l’Ukraine, et en prévision de la deuxième revue, nous continuerons nos efforts conjoints pour aider à répondre aux besoins de financement de l’Ukraine pour 2024. Nous nous réjouissons de la mise en œuvre continue des réformes structurelles par l’Ukraine et de l’achèvement réussi des évaluations à venir du programme, qui amélioreront la stabilisation macroéconomique et financière ainsi que la gouvernance, et renforceront les institutions, en plus de contribuer à la viabilité économique à long terme et à la reconstruction après la guerre. Nous continuerons de soutenir la réparation des infrastructures essentielles, le redressement et la reconstruction de l’Ukraine, notamment par l’intermédiaire de la plateforme de coordination des donateurs regroupant plusieurs organismes. Nous explorerons comment les revenus extraordinaires détenus par des entités privées découlant directement des actifs souverains russes immobilisés, lorsque ces revenus extraordinaires ne sont pas nécessaires pour répondre aux obligations envers la Russie en vertu des lois applicables, pourraient être dirigés pour soutenir l’Ukraine dans sa reprise et sa reconstruction, conformément aux lois applicables.

5. Nous accueillons favorablement le lancement du « Partnership for RISE » (partenariat pour des chaînes d’approvisionnement résilientes et inclusives) en collaboration avec le GBM. Cela a été réalisé grâce aux contributions financières et autres des membres du G7, de pays non membres du G7 et d’organisations internationales, et nous demandons à plus de parties intéressées de se joindre à cette importante initiative. Cette initiative vise à aider les pays à faible et à moyen revenu à jouer un plus grand rôle dans les chaînes d’approvisionnement de produits d’énergie propre, en milieu de chaîne et en aval. Diversifier nos chaînes d’approvisionnement peut contribuer à garantir la sécurité énergétique, à soutenir la stabilité macroéconomique et la résilience, à renforcer la formation de capacités et à atteindre la carboneutralité. Nous continuons à soutenir la mise en œuvre du « Partnership for RISE » avec rapidité et qualité, notamment grâce à des plateformes locales pilotes d’information pour communiquer des renseignements pertinents sur le terrain et cerner les problèmes à traiter dans le cadre de ce partenariat. Nous poursuivrons nos efforts afin de renforcer davantage la résilience des chaînes d’approvisionnement.

6. Nous réitérons notre engagement à soutenir les économies émergentes et en développement, en particulier les pays à faible revenu, dans la gestion de défis multiples et complexes, y compris les changements climatiques et l’insécurité alimentaire. Ce faisant, nous reconnaissons le rôle important des finances publiques dans la mobilisation du capital privé au moyen d’initiatives multilatérales et bilatérales. Nous reconnaissons aussi qu’il est important d’améliorer les environnements commerciaux pour attirer davantage d’investissements du secteur privé dans les pays bénéficiaires, ainsi que d’appuyer la mobilisation des ressources intérieures. Nous accueillons favorablement la stratégie élaborée par l’OCDE afin d’élargir et de renforcer ses relations avec les pays non membres de l’OCDE et de les aider à attirer un investissement direct étranger plus considérable et plus sûr. Nous soutenons également le Forum inclusif sur les approches d’atténuation des émissions de carbone de l’OCDE. La table ronde ministérielle du G7 sur l’Afrique, qui aura lieu le 14 octobre 2023, poursuivra les discussions de la réunion fructueuse de l’année dernière et permettra aux ministres des Finances des pays membres du G7 et à la présidence du G20 de discuter avec les ministres des Finances des pays africains pour déterminer comment mobiliser davantage d’investissements en Afrique. Nous demeurons engagés à renforcer davantage la collaboration financière et économique et le dialogue politique avec les pays de l’Afrique et d’autres marchés émergents et économies en développement.

7. Nous réaffirmons notre engagement ferme à appuyer les progrès des discussions du G20 sur des questions importantes, comme la dette, l’évolution des banques multilatérales de développement (BMD), le fonds fiduciaire pour la réduction de la pauvreté et la croissance robuste et durable, et la révision des quotes-parts du FMI. Nous continuons d’appuyer les efforts du G20 visant à mettre en œuvre le cadre commun d’une manière prévisible, ordonnée et coordonnée. Nous demandons la conclusion d’un accord en matière de traitement de la dette de la Zambie le plus rapidement possible ainsi que la conclusion rapide d’accords sur le traitement de la dette du Ghana et de l’Éthiopie. Nous sommes ravis des progrès importants qui ont été réalisés par le comité officiel des créanciers en vue d’un accord sur le traitement de la dette du Sri Lanka et espérons une résolution rapide de cette question. Nous saluons les efforts déployés pour explorer l’intégration des clauses de dette résiliente aux changements climatiques dans les accords de prêts, et nous encourageons plus de créditeurs à intégrer ces clauses. Nous nous réjouissons des progrès initiaux présentés dans la feuille de route de l’évaluation des cadres d’adéquation des fonds propres (CAF), avec une éventuelle marge supplémentaire d’au moins 200 milliards de dollars américains au chapitre des prêts au cours de la prochaine décennie. Nous incitons aussi les BMD à poursuivre leurs efforts assidus pour continuer à mettre en œuvre les recommandations des CAF. Pour le GBM, nous concrétiserons l’engagement des chefs d’État et de gouvernement du G20 à mobiliser davantage de ressources financières et de financements concessionnels pour renforcer la capacité de la Banque mondiale à aider les pays à revenu faible et moyen qui en ont besoin pour relever les défis mondiaux, et à apporter un soutien solide aux pays les plus pauvres. Nous allons aussi jouer un rôle proactif et travailler en étroite collaboration avec d’autres intervenants pour mettre en place un cadre clair visant une répartition bien ciblée et assortie de priorités bien établies pour les ressources concessionnelles limitées en vue de protéger les biens publics mondiaux, tout en continuant de donner la priorité aux besoins des pays les plus pauvres. Nous déciderons des meilleures options pour contribuer à ces initiatives. Nous nous engageons à garantir collectivement un 21e cycle ambitieux de reconstitution des ressources l’année prochaine pour appuyer les pays à faible revenu. Au FMI, nous appuyons également le travail visant à s’assurer que le fonds fiduciaire pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance repose sur des assises viables pour répondre aux besoins croissants des pays à faible revenu. Nous poursuivons nos efforts pour assurer une conclusion rapide et en temps voulu de la 16e révision générale des quotes‑parts du FMI, avec augmentation des quotas convenue, d’ici le 15 décembre 2023. Nous réaffirmons nos engagements de mai 2017 en matière de taux de change. Nous attendons avec intérêt la reconstitution ambitieuse des ressources du Fonds international de développement agricole à la fin de l’année.